Les Ecritures, je suis tombé dedans, comme on dit, quand j’étais petit. Le temps a passé et rien n’y a fait. Fac de Lettres, travail dans la Grande Distribution, vie de Famille, ces dernières années, n’ont pas entamé mon désir de lire. Bien au contraire, le temps a creusé ma faim et ma soif de déchiffrer, lentement et patiemment, ces textes fondamentaux rassemblés par l’Eglise, fondamentaux pour les Croyants mais aussi, je le crois, adressés à tous les hommes, laissés en héritage à chaque nouvelle génération.

Arrivé à un certain point de ma vie, j’aimerais aujourd’hui consacrer plus d’énergie, plus d’envergure, plus de temps, à ce travail, si prenant et enrichissant, qui n’a pu jusqu’alors se développer que dans les marges d’un emploi du temps qui, nous le savons, a ses limites. Les marges sont espace de liberté et de souffle … mais combien cela est frustrant !

Demeurant sur votre Diocèse, je me permets donc de vous transmettre cette lettre. Vous êtes sans aucun doute la personne la mieux placée, attentif à la transmission de la Parole et aux appels de Dieu, pour entendre mon désir et m’orienter vers ceux ou celles qui pourraient répondre à mes attentes qui sont de deux ordres.

Y a t il aujourd’hui une Communauté, un Mouvement, un Service, qui pourrait accueillir un tel projet ? Celui de lire, de donner à lire, les Ecritures, celui de me donner du temps pour continuer à me former, à apprendre. Il me semble évident que l’Eglise devrait être sensible à un tel appel mais je n’ai pas encore trouvé, sur le terrain, une réponse adéquate. Je ne suis pas à la recherche de lieux de formation, de discernement ou de parcours bibliques qui, je le sais, existent. Je suis plutôt en quête d’hommes et de femmes, qui pourraient me permettre de poursuivre mon itinéraire par un appui financier (dont je ne peux me passer aujourd’hui) et évidemment aussi par des appuis spirituels et communautaires. Je suis marié et j’ai une petite fille, je sais que cela a fermé, dans l’Eglise, quelques portes, j’espère que cela ouvrira d’autres chemins …

La deuxième voie que j’explore, plus pragmatique mais importante pour notre présence dans le monde, est celle de trouver un travail qui permettrait de concilier une présence au Livre et une présence dans l’Eglise, un travail qui me laisserait l’esprit assez libre pour ruminer les Ecritures.

Vous trouverez peut-être mes demandes évasives mais les temps ne sont pas aux verrouillages des portes mais bien à l’ouverture et à l’expérimentation des chemins … Peut-être que ce sont les marges que je me dois de cultiver, les marges de ma vie, les marges de l’Eglise …